Association de Soutien à la Tradition des Saints de Provence

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Ce que nous dit la vénérable tradition de Provence
(suite et fin)

Quant à Marie-Madeleine, elle se rendit d'abord à Marseille. Les phocéens avaient mis leur ville sous la protection de l'Artémis d'Ephèse, la Diane des romains, et c'est sur le parvis du temple de Diane qu'elle commença à évangéliser la ville. Un jour, elle décida de se retirer dans une montagne proche de Marseille, d'Aix et de Saint-Maximin  que l'on appelle aujourd'hui la Sainte Baume. Elle vécut dans une grotte. Sept fois par jour des anges la portaient jusqu'au sommet de la montagne où elle jouissait avec eux de la joie céleste. Lorsqu'elle sentit que l'heure d'aller rejoindre son « Rabouni » était proche, elle descendit dans la plaine, communia des mains de Maximin et expira dans ses bras. Il l'enterra dans un petit oratoire,  aujourd'hui crypte de la basilique de Saint-Maximin. Il demanda à être enterré à ses côtés, le jour venu. Ce qui fut fait. Ces premières tombes furent modestes, mais au IVème siècle ces précieux corps et celui de Sidoine furent transférés dans de superbes sarcophages. En 710, pour tromper les sarrasins, Marie Madeleine fut cachée dans le sarcophage de Sidoine. C'est là qu'elle fut retrouvée lors des fouilles effectuées par Charles II d'Anjou en 1279. Dès le Vème siècle un centre cultuel  sur lequel veillait les cassianites s' était développé près de l'oratoire où l'on voit toujours les sarcophages et le chef de Marie Madeleine dans un beau reliquaire. Des fouilles récentes ont mis à jour un baptistère, une basilique et de nombreuses sépultures.

Lazare, lui, aida Marie-Madeleine dans son apostolat à Marseille. Peut-être ne vint-il la rejoindre que plus tard, après un séjour à Chypre. Il sera le premier évêque de la ville. et mourra lors de la persécution de Domitien , martyrisé puis décapité sur la Place de Lenche après avoir été emprisonné dans les geôles  romaines qui existent toujours sous la place. Son souvenir est attaché à une nécropole rupestre où l'on voit encore la « confession » de saint Lazare et d'antiques sépultures chrétiennes. Au-dessus fut construit un oratoire paléochrétien puis la basilique Saint-Victor, berceau du cassianisme.  Au IXème siècle, on transporta le corps de Lazare à Autun pour le soustraire aux sarrasins. Mais les marseillais gardèrent son chef qui resta  à Marseille et que l'on peut voir aujourd'hui dans un beau reliquaire à la cathédrale de la Major.

      Nous ne devons pas oublier que la Provence fut aussi évangélisée au Ier siècle par des disciples de saint Pierre : Trophime qui sera le premier évêque d'Arles, Eutrope celui d'Orange et Ruf, fils de Simon de Cyrène, celui d'Avignon.

      Voilà ce que nous dit la tradition. Elle a amené dans nos sanctuaires de Provence d'illustres pèlerins, papes et rois, religieux et grands seigneurs et une multitude d'anonymes. L'archéologie et les textes très anciens que nous possédons la confortent Elle s'est maintenue malgré les persécutions, les hérésies, les invasions barbares, les sarrasins, la révolution et leurs déprédations. Aujourd'hui elle subit les attaques de la critique. Alors, c'est à nous  tous maintenant de prendre sa défense, de la transmettre et de prendre le relais de  nos saints de Provence dans leur mission d'évangélisation.



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