|
Sainte Brigitte de Suède en Provence 1341

La statue de Sainte Brigitte est celle de l'église
de Buzan dans l'Ariège
(sous celle de la Sainte Vierge).
Elle commémore le passage de la Sainte suédoise
sur la route du piémont pyrénéen.
La Sainte patronne de la Suède, la co-patronne de l’Europe,
la patronne des pèlerins…, aussi la patronne de Vidauban en Provence, a bien
effectué son pèlerinage à partir de la Suède vers Saint Jacques de Compostelle
en passant de la Suède en France, et, à l’époque, par la Provence.
Depuis quatre générations, sa famille faisait à l’instar de
millions d’européens, le pèlerinage en Galice aux reliques de l’Apôtre Jacques.
Ainsi, accompagnée de moines cisterciens, elle vint prier
devant les reliques des Saints de Provence : Marthe à Tarascon, et
Marie-Madeleine à la Basilique de Saint Maximin-la Sainte Baume encore en
construction à l’époque, ce qu’atteste son procès en canonisation.
Elle n’a pas écrit, hélas, de notes personnelles sur son
pèlerinage, mais nous savons par les archives de la Basilique de Saint Jacques
de Compostelle qu’elle y est arrivée l’été 1342, et qu’elle fut introduite par
les chevaliers de Saint Jacques au Sanctuaire.
On peut croire qu’après sa visite à Saint Maximin, elle
alla prier à la grotte de Sainte Marie-Madeleine, puis qu’elle vint à Marseille
dans la crypte de Saint Victor et à Notre Dame de la Major pour y honorer les
reliques de Saint Lazare, premier évêque de Marseille.
Seule une historienne-biographe du 19e siècle
pense que de Marseille, elle prit un bateau pour continuer son pèlerinage vers
Saint Jacques de Compostelle. Ce n’est pas l’avis des historiens modernes tel
que le catholique suédois Sven Stolpe qui, en toute logique, considère que la
Sainte a certainement continué sa pérégrination à pied vers d’autres hauts lieux
de la Sainteté Provençale. Comme Arles qui était citée dans le Codex Calixtinus,
le guide du pèlerin du Moyen Age, on y honorait Saint Trophime, compagnon du
Christ et premier évêque de la ville, Saint Genest martyr, Saint Honorat,
notamment aux Alyscamps, et, bien sûr, à la Primatiale de Saint Trophime où
énormément de reliques étaient exposées. Très vraisemblablement, elle continua
vers Saint Gilles son pèlerinage – une ville clé en Europe pour les pèlerinages.
Les reliques de Saint Gilles étaient dispersées dans toute l’Europe et notamment
à la célèbre Cathédrale de Lund dans le sud de la Suède. On n’imagine pas que
Sainte Brigitte ait pu manquer cette étape dans une ville déjà connue des
Vikings pour ses échanges commerciaux avec la Scandinavie. De là, l’itinéraire
vraisemblable est Aigues-Mortes par Saint-Laurent-d’Aigouze pour la célèbre
Abbaye de Psalmody fondée par les Cassianites de Saint Victor aux environ du VIe
siècle. A Aigues-Mortes ne rend-elle pas hommage à Saint Louis de France dans la
cité qu’il avait bâtie pour partir aux croisades ?

Chapelle Sainte Brigitte de Fréjus,
datant du 16e siècle dans le quartier Sainte Brigitte
dont 27 habitants ont fait le pèlerinage
sur les traces de Sainte Brigitte
en Suède en mai 2011.
La reine de Suède, Blanche de Namur, dont Brigitte de Suède
avait été la première dame de cour, n’était-elle pas la nièce du roi Louis ?
Après le passage probable à Maguelone, où l’on entretenait
dans cet évêché une tradition de Simon le Lépreux venu de Palestine. On retrouve
sur la route de la Galice la trace de Sainte Brigitte de Suède dans l’Hérault
tout près de Saint-Guihem-le-Désert, à Saint André de Sangonis dans une chapelle
avec ses reliques et qui lui était dédiée ; où la sainte y est régulièrement
fêtée le jour de son rappel à Dieu, le 23 Juillet, et ce depuis des temps
immémoriaux. Comme balise de son chemin de Compostelle, on trouve aussi
dans les Pyrénées, en Ariège, à Buzan, un oratoire de Sainte Brigitte où la
tradition veut qu’une princesse suédoise y soit passée, sur la route de
Compostelle, en y distribuant des largesses.
Nul ne contestera la présence et l’influence de Brigitte de
Suède en Provence. A Vidauban, elle est la sainte patronne de la ville, à Fréjus
patronne des habitants du quartier Sainte Brigitte et une bonne dizaine de noms
de lieux, chapelles, oratoires, quartiers, bâtiments, portent encore son nom.
Bien que son culte soit parfois confondu et assimilé à celui de Sainte Brigitte
de Kildare, c'est-à-dire d’Irlande, parfois la vérité est difficile à
débrouiller, mais, comme dit le proverbe : Dieu reconnaîtra les siennes.
Maroushka et Gérard Ecorcheville-Olsson
Via Santae Birgittae
Membre de l’Association de Soutien à la Tradition des
Saints de Provence
|
|