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Origine de saint Cassien (suite et fin)
A ces flottements vient s'opposer une certitude. La voici: - Dans le précieux ouvrage: « Histoire de Marseille » par Antoine de Ruffi, 2e édition/1696, tome II, page 142, on peut lire: « Holstensius, bibliothécaire du Vatican, qui a publié l'état des anciens moines, dit formellement que Cassien était français, qu'il ne visita les monastères d'Egypte que pour acquérir une parfaite connaissance de l'esprit, de la conduite et des maximes de ces solitaires si éclairés. » Holstensius base son jugement sur les écrits de Cassien lui-même: - Au chapitre Ier de sa vingtième conférence, Cassien dit « qu'il désirait avec chaleur retourner dans sa province » (ad repetendum Provinciam atque revisendum parentes = pour revenir dans sa province et revoir ses parents)*. Holstenius en conclut que Cassien était provençal. Il prend le mot Provinciam au pied de la lettre. - Holstenius, poursuivant l'examen attentif des écrits de Cassien en dégage que les parents de celui-ci étaient riches puisque Cassien indique « qu'ils seraient ravis de lui donner avec abondance tout ce qui lui serait nécessaire pour vivre dans la solitude et mener la vie monastique ». - Cassien (suivant ce que relève Holstenius) parle aussi très avantageusement de son pays et y dit que: « l'assiette y était belle et qu'il y avait tout ce qui était nécessaire à la vie ». Or la Scythie est bien à l'opposé d'une telle description. Et toujours d'après Holstenius, les ouvrages de Cassien, dans leur formulation et leur style, « sont conformes à la latinité qui était en usage dans les Gaules, étant semblables au style d'Eucher, de Vincent de Lérins et d'autres écrivains qui florissaient en Provence à cette époque. »
Ces conclusions d'Holstenius se retrouvent exactement au même diapason dans l'étude du chanoine Léon Christiani, qui fut doyen de la Faculté Catholique des Lettres à Lyon, dans sa référence: « Cassien »- collection « Figures Monastiques » dirigée par les Bénédictins de saint Wandrille. Au chapitre Ier - page 48 - on peut lire: « … En faisant de Cassien un provençal de naissance, nous ne ferons que revenir (contrairement à ce qu'en pensent certains critiques) à l'opinion la plus commune depuis des siècles, car elle fut non seulement celle de Pagi, d'Holstenius, du cardinal Noris, des Fabrigius, et de nombreux autres érudits des XVIe et XVIIe siècles, mais aussi d'Ampère, de Guizot, de Dom Besse, d'Abel, de Grutzamacher, de Pergoire, de Dom Pichery, parmi les plus récents. »
Ainsi sur la base de ces références que nous tenons pour probantes, Saint Jean Cassien est bien provençal de naissance. Le texte de l'abbé Gennade se traduit « en la ville de Cytharista » ou la Ciotat. Et l'arrivée de Cassien à Marseille après la mort survenue en 409 du patriarche Chrysostome dont il était le diacre**, s'explique comme un retour en sa patrie d'origine, et explique aussi le succès de son entreprise monastique à Marseille et en Provence dont il connaissait à la fois les populations et les lieux. 1er mars 1989.
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