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Le sarcophage du XVIIème siècle.
Il y eut, au milieu du XVIIème siècle, un archevêque d'Avignon qui s'appelait Dominique de Marinis. Il avait une profonde dévotion pour sainte Marthe à qui il s'était consacré publiquement dans un discours qu'il prononça lors d'une messe devant la châsse de la sainte en 1649. Voulant lui faire un somptueux cadeau, il lui commanda à un atelier de Gênes dont il était originaire un tombeau de marbre qui était en fait un lit de parade sur lequel la sainte était représentée les mains croisées sur la poitrine et tenant un aspersoir et une croix. A hauteur du visage de la sainte était placée une inscription: « solicita non turbatur » qui, dans le contexte de ce monument funéraire doit pouvoir être traduite tout simplement par: « solicita (fuit, au passé) »: elle qui menait une vie très active, « non turbatur » au présent: elle a maintenant trouvé le repos.
Le monument était superbe. Il arriva par le Rhône le 17 avril 1653. On le plaça lui aussi dans la crypte derrière l'autel, mais on ne put y déposer le sarcophage antique! Le relief des têtes des personnages était trop saillant! Qu'à cela ne tienne, en quelques coups de burin on fit sauter les têtes et le sarcophage antique fut encastré dans le sarcophage neuf!
Les révolutionnaires, toujours assoiffés de sacrilèges et de profanations, prirent pour cible le sarcophage de sainte Marthe. A plusieurs reprises ils tentèrent de descendre dans la crypte, mais à chaque fois un sentiment de terreur invincible les envahit, les empêcha d'avancer et ils finirent par abandonner leur projet. Et comme la crypte fut murée ensuite tant que les troubles persistèrent, le sarcophage ne souffrit aucun dommage.
En 1840, le tombeau subit les attaques, non de la bêtise humaine cette fois, mais des inondations du Rhône. Il fut donc décidé de l'ouvrir, de pomper l'eau qui s'y était infiltrée, d'en sortir du tombeau antique les caisses qui contenaient encore quelques reliques, de les faire sécher, d'en faire un inventaire, et de replacer le tout, comme toujours, derrière l'autel de la crypte.
Après les travaux entrepris en 1979, le tombeau antique revit le jour et fut placé en façade de l'autel de la crypte. C'est donc sur lui qu'aujourd'hui est célébrée la messe. Honneur lui est enfin rendu! Quant au lit de parade, il est exposé dans l'église haute, devant la châsse de sainte Marthe. La plaque de marbre « solicita non turbatur » ne lui est plus associée. Elle est restée dans la crypte, en bonne place derrière l'autel, mais complètement sortie de son contexte.
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