Les Persécutions

Les Persécutions



Très tôt en Palestine, après la mort du Christ, les communautés chrétiennes se multiplièrent: « la parole de Dieu se répandait de plus en plus et le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem. »  (Actes, VI,7). Les disciples prêchaient, pleins d’enthousiasme. Ils étaient gênants. Le premier persécuté sera saint Etienne, l’un des sept diacres, lapidé sous les yeux de celui qui deviendra saint Paul. D’autres, anonymes, suivirent. En 41, Hérode Agrippa étendit la persécution. Il fit tuer Jacques, frère de Jean et arrêter Pierre. C’est alors que les chrétiens* commencèrent à se disperser « jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes I,8).

Particulièrement gênant était Lazare, ami personnel de Jésus, frère de Marthe et Marie, le ressuscité. Il décida alors d’embarquer avec ses sœurs et leurs amis pour Marseille, comptoir phocéen depuis le VIe siècle, devenue romaine en 49 avant Jésus-Christ après avoir choisi le parti de Pompée et avoir été vaincue par Jules César. C’était une porte d’entrée privilégiée des Gaules grâce au Rhône, tout proche, par lequel tout transitait. Ils abordèrent aux Saintes Maries de la Mer et Lazare gagna Marseille où il annonça l’Evangile et dont il devint le premier évêque. On pense qu’il fut persécuté et décapité sous Domitien qui fut empereur de 81 à 96. Son martyre nous est relaté dans des extraits d’une très ancienne « Vie » conservés dans les anciens livres liturgiques de Nantes et d’Autun et cités par Faillon.
Mais les persécutions avaient déjà commencé sous Néron* (54-68) en 64 après l’incendie de Rome. De nombreux chrétiens furent martyrisés, dont saint Pierre. Les chrétiens vont continuer à être persécutés, mais pas de manière vraiment systématique partout, et surtout
– par Marc-Aurèle: c’est sous son règne, en 177 que mourront les fameux martyrs de Lyon, saint Pothin, ste Blandine et leurs compagnons.
– par Septime-Sévère dès 202.
– par Dèce en 250 et Valérien en 258.

   Que reproche-t-on aux Chrétiens?
   Ils ne s’intègrent pas à la vie publique, ce qui supposerait qu’ils sacrifient aux dieux et à l’Empereur mais ils se réunissent entre eux, dans des endroits discrets, des cimetières où ils pratiquent des rites à eux, adorent un Dieu qui refuse de prendre place dans le cercle très ouvert du panthéon romain. Forment-ils une société secrète? Conspirent-ils? Ils inquiètent. Comme ils deviennent de plus en plus nombreux, les empereurs les considèrent comme une menace pour la stabilité de l’Empire.

   Fin des persécutions.
   Mais les années passent, l’Empire va de plus en plus mal, les persécutions n’ont rien pu contre l’extension du Christianisme et tout va changer à partir du règne de Gallien de 260 à 305, période que l’on appelle « La petite paix de l’Eglise ». Les chrétiens vont pouvoir pratiquer leur foi librement, récupérer leurs biens, leurs cimetières et construire des églises. Ils pourront faire carrière dans la fonction publique et l’armée sans avoir à accomplir les rites païens.
C’est une paix fragile, mais une avancée décisive vers la reconnaissance de la religion chrétienne par Constantin. Dans l’Edit de Milan en 313 il déclare: « Nous voulons que quiconque désire suivre la religion chrétienne puisse le faire sans crainte aucune d’être inquiété. Les chrétiens ont pleine liberté de suivre leur religion. » Les autres aussi.
Enfin, c’est l’Empereur Théodose (378-395) qui déclare le Christianisme religion d’Etat, en 380:  « Tous nos peuples doivent se rallier à la foi transmise aux romains par l’apôtre Pierre,…., c’est à dire reconnaître la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »
   Tout ce qui rappelle les cultes païens devra être démoli.
La page est tournée…

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* Le nom de « Chrétien » apparaîtra à Antioche vers l’an 40.

* « Néron condamna les chrétiens au supplice et à la mort et ordonna qu’à travers tout l’Empire ils soient martyrisés. »
Orose (390-418)
L.VIII, Hist., C.5
(Prêtre espagnol disciple de saint Augustin.)

« Tu n’auras pas chez toi d’autres dieux,
Tu ne serviras aucun dieu étranger »
Psaume 81, 10

« Le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur »
Marc 12, 29