Association de Soutien à la Tradition des Saints de Provence

Accueil

La tradition

Les saints

L'association

Textes

Contact

   Le premier tombeau de sainte Marthe ?

  Tarascon n'était, au début du Ier siècle, qu'une petite bourgade qui vivait d'échanges commerciaux avec Marseille. Après un séjour à Avignon sainte Marthe s'y installa, y édifia un oratoire, y mourut et c'est là quelle fut ensevelie. La crypte de l'église de Tarascon n'est autre que cet ancien oratoire remanié au cours des siècles.
   cette crypte, dite aussi église basse, avait beaucoup souffert au cours des siècles des nombreuses inondations du Rhône et la structure avait ébranlée lors des bombardements de 1944. Aussi des travaux furent-ils entrepris en 1979 qui consistèrent à déshabiller complètement la crypte et à démonter l'autel pour pouvoir entreprendre des sondages. Et, surprise, sous l'autel on découvrit parmi les vestiges antiques de ce qui fut vraisemblablement l'oratoire de sainte Marthe et son lieu d'habitation, une pierre de grande dimension*, évidée, qui a tout d'un tombeau.
   Serait-là le tombeau primitif de sainte Marthe, « 
la sépulture honorable » dont parle Raban Maur?

   Raban Maur**, qui avait en sa possession les « Vies » anciennes, nous rapporte le déroulement des funérailles de sainte Marthe
« … On lui prépara une sépulture honorable dans sa propre église que les pontifes avaient dédiée ; et le jour que nous appelons jour du seigneur, à a troisième heure, tout le monde était réuni pour inhumer dignement ce saint corps, la veille des calendes d'août. A cette même heure, tandis que le pontife saint Frontin à Périgueux, ville d'Aquitaine, allait célébrer le Saint-Sacrifice, et qu'en attendant le peuple il s'était endormi dans sa chaire, Jésus-Christ lui apparut, et lui dit :  « Mon fils, venez accomplir la promesse que vous avez faite d'assister aux obsèques de Marthe mon hôtesse. » A peine eut-il dit ces paroles, que dans un clin d'œil ils apparurent à Tarascon dans l'église, tenant des livres dans leurs mains, Jésus-Christ à la tête et l'évêque aux pieds de ce saint corps ; ce furent eux seuls qui le placèrent dans le mausolée, au grand étonnement de ceux qui étaient là présents. Les funérailles achevées, ils sortirent de l'église ; l'un des clercs les suit et demande au Seigneur qui il est, et d'où il est venu. Le Seigneur ne lui répond rien, mais lui remet le livre qu'il tenait. Le clerc retourne au sépulcre, montre le livre à tout le monde et lit ainsi à chaque page : « La mémoire de Marthe, hôtesse de Jésus-Christ, sera éternelle ; elle n'aura rien à craindre des langues mauvaises*** ». C'était tout ce qui était contenu dans ce livre.
   Dans le même temps, à Périgueux, le diacre réveille le pontife, lui disant tout bas que l'heure du sacrifice était passée, et que le peuple se lassait d'attendre. « Ne vous troublez pas, dit le prélat (en s'adressant aux fidèles), et ne soyez pas fâchés de ce retard. Je viens d'être ravi en esprit soit avec mon corps, soit sans mon corps, je l'ignore, Dieu le sait : j'ai été transporté à Tarascon avec notre divin Maître et Sauveur, pour y rendre les devoirs de la sépulture à sainte Marthe, selon la promesse que je lui avais faite pendant sa vie. C'est pourquoi envoyez quelqu'un qui rapporte mon anneau et mes gants, que j'ai remis entre les mains du sacristain lorsque j'ai placé ce saint corps dans le tombeau ». Le peuple s'étonne en entendant ces paroles. On envoie des députés à Tarascon. Les habitants de ce lieu indiquent dans une lettre à ceux de Périgueux le jour et l'heure de la sépulture, qui étaient inconnus à ces derniers, leur marquant qu'avec leur pontife, qu'ils connaissaient fort bien, on avait vu aux funérailles une autre personne vénérable ; ils rapportent aussi la circonstance du livre et de son contenu, afin de savoir si l'évêque n'en avait point connaissance. Du reste, ils renvoient l'anneau que le sacristain avait reçu, ainsi que l'un des gants, mais ils retiennent l'autre comme preuve d'un si grand miracle….. ».

   Ce  « tombeau primitif » (?) a aujourd'hui retrouvé sa place sous l'autel de la crypte, autel qui n'est autre que le tombeau antique dans lequel le saint corps de Marthe aurait été transféré au IIIème ou au IVème siècle et dans lequel on l'a retrouvé en 1187.
CLIC !

Le tombeau primitif

Le sarcophage antique
Le sarcophage gothique
Le sarcophage du XVIIème

* Dimensions:
L 1,84 m
l 0,45 m
Pr 0,60 m
Épaisseur de la dalle: 0,10 m

**Raban Maur
chapitre XLIX « Vie de Sainte Marie-Madeleine et de Sainte Marthe »,
cité par Faillon,
tome II,
page 331.

*** Il est vrai que sainte Marthe n'est pas combattue comme l'ont été et le sont encore saint Lazare et sainte Marie Madeleine ».