|
L'Ostension solennelle des reliques de saint Lazare Dimanche 16 novembre 2008
Compte-rendu (suite et fin)
Départ de l'église Saint-Laurent, paroisse des pêcheurs. En tête, les Chevaliers très dignes dans leur belle chape noire à croix verte. Ils ont l'honneur d'entourer et de porter la châsse de saint Lazare. Elle est suivie de la statue de saint Léon puis de celle de saint Roch. Et pour les accompagner, des ecclésiastiques, des enfants de chœur, notre président portant la bannière des Saints de Provence, une clique pour l'aubade et la foule des fidèles.
Première étape, tout près, sur l'esplanade devant l'église Saint-Laurent. Elle surplombe le vieux port et là le père Ottonello bénit les bateaux et les marins, après avoir rappelé que, dans les années 30, de nombreux italiens avaient quitté leur village de Sperlonga, joli petit port entre Rome et Naples, pour chercher subsistance à Marseille. Ils y avaient amené leur dévotion à saint Léon et y étaient restés fidèles.
Deuxième étape : Place de Lenche. Cette place fut l'agora des grecs, le forum des romains, et c'est là que subsistent ces fameuses Caves de Saint Sauveur avec « la prison souterraine très obscure » dont nous parle un fragment des Actes du martyre de saint Lazare. C'est sur cette place qu'il fut décapité. La tradition veut que les processions s'y arrêtent pour un temps de prière, temps de prière qui s'éternisa dit-on, le 6 novembre 1856, lorsque l'Eglise de Marseille reçut avec solennité le bras de saint Lazare offert par l'Eglise d'Autun.
Troisième étape : la cathédrale de la Major, si impressionnante qu'elle écrase de sa masse la Vieille Major, serrée contre elle, mutilée, soutenue par des prothèses de bois. On ne la visite plus et les souvenirs de la dévotion des anciens à saint Lazare s'y perdent dans l'obscurité. Celle du lieu, celle du temps et celle des cœurs. Mais c'est l'heure de la messe, solennelle, messe accompagnée par une belle chorale. Les Chevaliers de Saint Lazare entourent l'autel et remettront à la fin l'étendard du Comtat-Venaissin à l'un des leurs. Les « officiels » qui se sont associés à l'évènement siègent au premier rang. Le père Ottonello prêcha. Il rappela, pour notre plaisir à tous, la vénérable tradition de nos Saints de Provence. Ce fut bon à entendre, dans la cathédrale de Marseille de surcroît…..
Mais la journée n'était pas terminée ! Nous avons déjeuné ensemble sur le Vieux Port avant d'aller participer aux vêpres solennelles à la Major. Tous étaient conviés. Nous nous y sommes rendus en suivant le dédale d'escaliers et de vieilles rues qui du port passent au pied de la Place de Lenche, au niveau de la prison de saint Lazare, puis mènent à la Place des Treize Cantons. C'est là que s'élevait autrefois une petite chapelle en souvenir de l'endroit où sainte Marie-Madeleine commença son apostolat à Marseille. Une pierre, la « petra ou lapis imaginis » ou « peira de l'image » représentait la scène. L'endroit est charmant, mais de cette chapelle, il ne reste que le souvenir. Un plan d'aménagement urbain au XIXe siècle lui a été fatal.
Les vêpres furent vraiment solennelles et grandioses, belles à en pleurer ! A la fin, le Père Ottonello rappela à nouveau la place de saint Lazare dans la tradition de Provence, puis il nous invita à monter dans le chœur vénérer les saintes reliques. Il ne nous restait plus alors qu' à nous dire « au revoir » sur le parvis de la cathédrale, et « à bientôt » !
Et du fond du cœur, dire un grand « merci » au Père Ottonello pour cette mémorable journée !
|
|