Pèlerinage à Rome pour l’année de la Miséricorde

Compte rendu  de ce pèlerinage effectué à Rome par notre adhérent Daniel SENEJOUX,    pour l’ouverture par le Pape François de la porte Sainte du Jubilé de la Miséricorde .

2 santa Maria Maddalena Rome

S’inscrivant  directement  dans  le  projet  de  « Triptyque »  imaginé  par  le  père  Florian  Racine,  ce pèlerinage saint-maximinois trouvait naturellement sa place pour démarrer avec Marie-Madeleine, pénitente et contemplative, le « Jubilé de la Miséricorde » voulu par le pape François.

Première étape de ce triptyque : le Tombeau de Saint-Pierre à Rome. La démarche sera poursuivie en juillet par les fêtes traditionnelles de Marie-Madeleine à Saint-Maximin, puis par un pèlerinage en Terre Sainte, sur le Tombeau du Christ, à l’issue du Jubilé fin novembre 2016. Le présent pèlerinage, sur les pas de Marie-Madeleine « Disciple du Christ » et « Témoin de la Résurrection », visait  à  stimuler  le  sentiment  d’appartenance  à  l’Eglise  des  pèlerins  présents.  Trois  visites  au Vatican, dont deux rencontres avec le Pape François, ont incontestablement permis d’atteindre cet objectif.

Partis de Nice en fin de matinée du 7 décembre, les pèlerins débarquent dans la « Ville éternelle » en milieu de journée et prennent leurs quartiers à la « Trinité des Monts », proche du centre-ville.
Après déballage des valises, 20 minutes de marche suffisent pour retrouver au Panthéon une jeune étudiante des Beaux-Arts qui les emmène découvrir la « Rome-Baroque » : L’église Sainte-Ignace d’abord, décorée d’une éclatante fresque en trompe-l’œil d’Andrea Pozzo : allégorie de l’œuvre missionnaire des Jésuites et apothéose de St Ignace-de-Loyola, suivie par celle de Santa Maria-Maddalena, au style baroque plus tardif (rococo), dans laquelle l’effigie « très blonde » de notre chère
Patronne provençale permet un premier contact spirituel

(OPTI) 3 Santa Maria Maddalena Roma.

Rendez-vous  est  ensuite  donné  place  Navone  devant  la  fontaine  des  Quatre-Fleuves  (Gian Lorenzo Bernini), sur le parvis de l’église Sainte-Agnès (Francesco Borromini), afin de se rendre ensemble à San-Giovanni-Battista-dei-Fiorantini (Giacomo della Porta et Carlo Maderno) où doit être célébrée la première messe. Véritable musée de l’art baroque, dans laquelle se sont distingués plusieurs artistes de génie, l’église est coiffée d’un immense dôme en « pain de sucre ». Mais ce qui la rapproche des pèlerins saint-maximinois est son reliquaire en argent et bronze doré (17e s)
contenant  un  pied  de  Marie-Madeleine  que  les  pèlerins  venaient  autrefois  vénérer  avant  de pénétrer dans la Cité de Rome ; vénération reprise ce soir-là à l’issue de la messe concélébrée par les pères Florian Racine, Luigi Veturi (curé de la paroisse) et Nicolas Bossus (des Légionnaires du Christ, partenaires du triptyque à Magdala en Terre Sainte). La soirée se termine sur place autour d’un copieux repas fraternel et chaleureux offert par le père Luigi… avec promesse de
récidiver le plus tôt possible à Saint-Maximin.

Ce mardi 8 décembre 2015, jour de l’Immaculée Conception, est lancée officiellement par le Pape François « L’Année de la Miséricorde ». Après un petit-déjeuner à 6h, les pèlerins se rendent par tous moyens disponibles : métro, bus, taxi ou pédestre, sur l’immense Place Saint-Pierre, bientôt noire de monde. A l’issue de la messe solennelle consacrée à la Vierge Marie, le Pape François procède à l’ouverture de la « Porte Sainte » qu’il franchit avec son prédécesseur Benoit XVI sous la clameur et les applaudissements nourris de quelques centaines de milliers de pèlerins présents.
Un peu plus tard, depuis son balcon, à l’occasion de son premier angélus du Jubilé, le pape délivre un  nouveau  message  à  la  foule  restée  sur  la  Place  :  «  Dans  notre  vie  tout  est  don,  tout  est miséricorde…»

Nos pèlerins s’égayent ensuite dans les petits restaurants et les ruelles pittoresques du Trastevere ; plusieurs d’entre eux visitent les églises remarquables de Santa Maria et Santa Cecilia avant de se regrouper Plazza Belli pour prendre le tram n°8 puis le bus 170 jusqu’à Sainte-Marie-Majeure.
Ils y arrivent au moment-même où le Pape François quitte la basilique et s’engouffre dans sa voiture, saluant de sa bénédiction les passants et les visiteurs qui s’apprêtaient à y entrer !  Chef-d’œuvre  parmi  les  chefs-d’œuvre,  la  Basilique  Sainte-Marie-Majeure  impressionne toujours  les
visiteurs par son immensité et la richesse de sa décoration. Les pèlerins ne savent plus où poser les yeux : le gigantesque plafond à caissons doré, les mosaïques sublimes qui entourent le chœur (Jacopo Torriti) ou l’imposant baldaquin qui coiffe le maître-autel avec des reliques de la Crèche ; ou  encore  la  très  curieuse  (et  très  riche)  Chapelle-Pauline  abritant  le  tombeau  de  la  sœur  de Napoléon jusqu’aux impressionnants fonts-baptismaux en porphyre situés à l’écart…

La soirée est déjà entamée lorsque les pèlerins rejoignent les étudiants du Séminaire français afin d’assister aux vêpres… et succomber au charme de leur voix. Puis, c’est dans la chaude ambiance d’un restaurant typique du quartier qu’ils terminent leur seconde journée de pèlerinage.

Le mercredi est jour de l’audience papale sur la Place Saint-Pierre. Nos pèlerins arrivés dès 8 heures rencontrent une nouvelle fois le Pape François. Celui-ci explique aux nombreux assistants ce que représente pour lui cette « Année de la Miséricorde », et pourquoi elle était nécessaire : « alors que Dieu constatait que la création de tout l’Univers « était bon », il vit que celle de l’homme et de la femme était « très » bon ; et Saint-Ambroise de s’interroger : mais pourquoi « très » bons ? Parce qu’enfin il avait quelqu’un à qui pardonner, ce qu’il ne pouvait pas faire avec les animaux et le reste
de la création ! Ce Jubilé, dit le Pape, sera un temps favorable pour l’Eglise si nous apprenons à choisir « ce qui plait le plus à Dieu » c’est-à-dire sa miséricorde… et rien n’est plus important que de choisir ce qui plait le plus à Dieu ! »

C’est en méditant ces paroles que les pèlerins saint-maximinois se rendent à pied vers Saint-Louis des Français pour se restaurer ou, pour les plus curieux, consacrer le temps précédant la visite à quelques découvertes complémentaires ; certains s’en vont jeter quelques pièces dans la Fontaine de Trévi afin de s’assurer un autre voyage à Rome ; d’autres s’adonnent au shopping ou à la flânerie… L’église Saint-Louis des Français est surtout connue pour ses tableaux du Caravage relatant la vie de saint Matthieu : sa « vocation », lorsqu’affairé à son comptoir de publicain, Jésus lui
demande de le suivre ; celui dans lequel l’ange du Seigneur l’inspire pour écrire son Evangile et celui de son martyre. Le père Bousquet, invité pour l’occasion, commente avec passion ces trois œuvres majeures du peintre.

Quelques stations de bus sont nécessaires pour se rendre ensuite au Forum Romain, abordé par le  côté  du  Capitole,  et  c’est  depuis  l’esplanade  qui  surplombe  le  site  que  la  guide  fournit  ses premières explications. Nichée entre le mont Palatin et celui du Quirinal, s’étale la Rome antique qu’elle s’efforce de faire revivre : « ici, le grand Temple de Jupiter, là, celui de Vesta et de ses célèbres Vestales ; tout près, trois colonnes rescapées du Temple des Dioscures et plus loin, les vestiges  de  la  Basilique  Julia…  ».  Puis,  descendant  un  escalier,  les  pèlerins  côtoient  l’Arc  de
Triomphe de Septime Sévère et aperçoivent à l’horizon, tout proche du Colisée, celui de Titus…

Reprenant de nouveau le bus, les pèlerins se rendent ensuite à l’église Saint-Clément, sans doute l’une des plus fascinantes de Rome. Dressée sur trois niveaux le groupe ne visite que l’église actuelle (12e) construite sur celle du 4e s, elle-même construite au-dessus d’un temple dédié à Mithra et des fondations de l’époque républicaine. Tout un programme lorsque l’on dispose de temps pour la visiter ! Pour lors, les pèlerins s’attardent surtout devant le ciborium et les mosaïques romaines du chœur (12e) ; ils ont beaucoup de mal à détacher leurs yeux du plafond sculpté et à caissons doré de la nef (18e).

A quelques pas, dans la nuit tombante, surgit la silhouette massive de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Joyau parmi les joyaux de Rome, Saint-Jean est la Cathédrale officielle de l’évêque de Rome ; elle appartient au Vatican et bénéficie du privilège d’extraterritorialité. Elle est la « mère », en ancienneté et dignité, de toutes les églises de Rome. Ici, tout est démesuré : les portes en bronze de l’antique curie romaine puis la nef immense (Francesco Borromini) qui accueille les visiteurs avec les statues monumentales des apôtres qui l’encadrent ; le transept (Giacomo della Porta)
avec ses fresques incomparables (maniéristes du 17e) ; ses orgues  monumentales et le baldaquin qui surplombe l’autel papal ; le plafond doré et les mosaïques de l’abside, sans parler de son sol cosmatesque…et du reste !

Encore  étourdis  par cette  visite,  quelques  pèlerins  ont  encore  le  courage  d’escalader  la  Scala Santa à genoux. Situé dans un édifice proche de Saint-Jean, ce « Saint Escalier » serait celui du Prétoire gravi par Jésus lors du jugement de Pilate et rapporté de Jérusalem par Ste Hélène, mère de Constantin premier empereur chrétien. D’autres préfèrent le métro ou la marche à pied pour rentrer dîner à la Trinité-des-Monts ; une messe dans la (toute) petite chapelle des sœurs clôture cette troisième journée chargée.

Dernière journée de pèlerinage, ce demi-jeudi est entièrement consacré à la basilique Saint-Pierre.
Le rendez-vous est donc fixé au Vatican et démarre par une messe matinale célébrée par le père Florian ; les pèlerins sont installés dans une petite chapelle de la crypte, contigüe au tombeau de saint Pierre. Le reste de la matinée est consacrée à la visite.

Dans Saint-Pierre, les superlatifs de suffisent plus !  Michel-Ange, puis Giacomo della Porta, sont ici au sommet de leur art. Après avoir franchi la Porte Sainte, les pèlerins pénètrent dans la nef, accueillis par la Pietà de Michel-Ange. Plus que les proportions gigantesques de l’édifice, c’est la profusion et la richesse de ses décorations qui assaillent le visiteur. Et passée la première émotion, le baldaquin du Bernin, trônant depuis quatre siècles à l’aplomb du tombeau de l’Apôtre, l’attire alors comme un aimant. Devant tant de splendeurs et de gigantisme, chacun part alors selon son
instinct ou ses centres d’intérêt particuliers. Plusieurs pèlerins s’attardent sur les tombes de Jean-Paul II et de Jean XXIII ; d’autres, plus sportifs, se lancent à l’assaut du dôme (Michel-Ange et Giacomo della Porta), le plus haut du monde, gravissant même l’escalier étroit qui conduit à la galerie du lanterneau. « La vue, depuis là-haut, était superbe ! » dirent-ils. On veut bien les croire…

A l’heure dite de quitter Saint-Pierre, tout le monde se retrouve au pied de l’obélisque, où l’on vient d’ériger la Crèche de Noël. Après les dernières consignes pour le départ, un moment est encore consacré  aux  derniers  achats. Il  est  alors temps  pour  chacun  d’aller  chercher  ses  valises  à  la Trinité-des-Monts et de se préparer au retour…

Prochain rendez-vous : Saint-Maximin à la Ste Marie-Madeleine, le 22 juillet prochain.

Daniel SENEJOUX
20.12.2015

Bruno RACINE baise le pied de Marie Madeleine tenu par son fils, le Père Florian Racine curé de Saint Maximin et organisateur de ce mini pèlerinageIMG_1395