Incendie de Notre Dame de Paris

Témoignage de l’aumônier des pompiers de Paris lors de l’incendie de Notre Dame de Paris

Pris dans « La Croix » du 22 avril 2019 (édition de 12 H)

«…   Dans les interventions sur des lieux classés, il existe en effet des protocoles très précis des objets référencés à sauver en priorité.

Le Saint-Sacrement ne figure pas sur cette liste mais je ne pouvais pas laisser Jésus en proie aux flammes. J’ai souhaité accéder au tabernacle central, mais cela était impossible. Je me suis donc rendu à la chapelle Saint-Georges et j’ai récupéré Jésus. Le ciboire en main, j’ai donné la bénédiction du Saint-Sacrement. »

Le père Jean-Marc Fournier.

… J’ai senti que, pour tous, ce feu n’était pas comme les autres

Au même moment, le feu avait atteint le beffroi nord et le général Gallet avait donné l’ordre de concentrer les efforts des hommes sur ce point, afin d’empêcher que les flammes n’atteignent les poutres chargées de maintenir les cloches. Ce sont les fameuses 20 minutes qui ont été décisives dans le sauvetage de Notre-Dame. Pour moi, cela ne fait pas de doute. Au-delà de l’excellente manœuvre du général, c’est aussi cette prière à Jésus, en cet instant précis, qui a permis de remporter la victoire dans un moment crucial de la bataille.

Une fois Jésus mis à l’abri, j’ai continué de participer, avec dix autres pompiers, au sauvetage des objets de valeur présents dans toutes les chapelles latérales et aux bâchages nécessaires. La sacristie n’était pas mise en danger et le trésor protégé par des lances. Ils ne seront évacués que plus tard dans la nuit par des personnes du ministère de la culture et la police.

Pour ma part, je suis ensuite passé saluer tous les véhicules et suis rentré chez moi vers 3 heures du matin. J’ai senti que, pour tous, ce feu n’était pas comme les autres. L’action s’est fait prière. »

NOTRE-DAME DE PARIS dans La CROIX de ce 17 Juin 2019 :

La pierre angulaire de Notre-Dame, « cest le Christ« 

Lors de la première messe célébrée depuis l’incendie, Mgr Michel Aupetit a insisté, samedi 15 juin, sur le fait que la cathédrale de Paris est un lieu de culte :  » C’est sa finalité propre et unique « .
À 18 heures précises, la procession des célébrants s’est dirigée vers la chapelle du chevet de Notre-Dame de Paris où allait être célébrée la première messe depuis le terrible incendie du 15 avril. Procession très inhabituelle puisque chacun des prêtres, chapelains et chanoines de la cathédrale portait un casque de chantier d’un blanc aussi immaculé que leur aube. Il en était de même pour l’archevêque, Mgr Michel Aupetit, qui n’avait donc ni sa mitre, ni d’ailleurs sa crosse.Une extrême simplicitéLa célébration était placée sous le signe d’une extrême simplicité. Une quinzaine de célébrants. Autant de fidèles – collaborateurs du diocèse et du chantier. Un chantre. L’autel « dos au peuple », où Mgr Aupetit a célébré la prière eucharistique, retirant alors son casque pour quelques minutes. Cette première messe n’en adressait pas moins un message intense qui a été au cœur de cette célébration commémorant la dédicace de la cathédrale.« L’élan de l’homme vers Dieu »« Dédicace vient de dedicatio qui signifie consécration, a rappelé Mgr Aupetit dès l’ouverture de son homélie. La dédicace est la consécration d’une église au culte divin. Ce que nous célébrons par la dédicace chaque année, c’est la raison profonde pour laquelle la cathédrale Notre-Dame a été édifiée : manifester l’élan de l’homme vers Dieu. »À l’occasion de cette messe, l’archevêque de Paris a voulu, d’une voix vibrante, rappeler que la vocation première de Notre-Dame est spirituelle, qu’elle ne peut être réduite à sa seule dimension de patrimoine historique. « Avons-nous honte de la foi de nos ancêtres ? Avons-nous honte du Christ ? Oui, cette cathédrale est un lieu de culte, c’est sa finalité propre et unique. (…) Ce bien cultuel, cette richesse spirituelle ne peuvent être réduits à un bien patrimonial. Cette cathédrale, œuvre commune au service de tous, n’est que le reflet des pierres vivantes que sont tous ceux qui y pénètrent. »« Comme tout édifice, a encore insisté Mgr Aupetit, la cathédrale comprend une pierre angulaire qui porte l’ensemble du bâtiment. Cette pierre angulaire, c’est le Christ. Si nous retirions cette pierre, cette cathédrale s’effondrerait. Elle serait une coquille vide, un écrin sans bijou, un squelette sans vie, un corps sans âme. La cathédrale est le fruit du génie humain, c’est le chef-d’œuvre de l’homme. La personne humaine est le fruit du génie divin. C’est le chef-d’œuvre de Dieu. »