Témoignage de l’aumônier des pompiers de Paris lors de l’incendie de Notre Dame de Paris,

Pris dans « La Croix » du 22 avril 2019 (édition de 12 H)

«…   Dans les interventions sur des lieux classés, il existe en effet des protocoles très précis des objets référencés à sauver en priorité.

Le Saint-Sacrement ne figure pas sur cette liste mais je ne pouvais pas laisser Jésus en proie aux flammes. J’ai souhaité accéder au tabernacle central, mais cela était impossible. Je me suis donc rendu à la chapelle Saint-Georges et j’ai récupéré Jésus. Le ciboire en main, j’ai donné la bénédiction du Saint-Sacrement. »

Le père Jean-Marc Fournier.

… J’ai senti que, pour tous, ce feu n’était pas comme les autres

Au même moment, le feu avait atteint le beffroi nord et le général Gallet avait donné l’ordre de concentrer les efforts des hommes sur ce point, afin d’empêcher que les flammes n’atteignent les poutres chargées de maintenir les cloches. Ce sont les fameuses 20 minutes qui ont été décisives dans le sauvetage de Notre-Dame. Pour moi, cela ne fait pas de doute. Au-delà de l’excellente manœuvre du général, c’est aussi cette prière à Jésus, en cet instant précis, qui a permis de remporter la victoire dans un moment crucial de la bataille.

Une fois Jésus mis à l’abri, j’ai continué de participer, avec dix autres pompiers, au sauvetage des objets de valeur présents dans toutes les chapelles latérales et aux bâchages nécessaires. La sacristie n’était pas mise en danger et le trésor protégé par des lances. Ils ne seront évacués que plus tard dans la nuit par des personnes du ministère de la culture et la police.

Pour ma part, je suis ensuite passé saluer tous les véhicules et suis rentré chez moi vers 3 heures du matin. J’ai senti que, pour tous, ce feu n’était pas comme les autres. L’action s’est fait prière. »